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Commentaires personnels après 5 mois d’utilisation et environ 3000 déclenchements
Par Pascal Guillaumet - Bords de Mer

Prise en main - Ergonomie - Look

Déjà possesseur d’un EOS 3 (+grip) et ancien possesseur d’un EOS 5 (+grip), il est clair qu’avec le D30, on est en territoire connu. Le D30 (seul ou avec son grip) se manipule les yeux fermés pour qui est habitué à l’ergonomie Canon EOS. Cependant je le préfère avec son grip, car il « tombe » mieux dans la main.

Chaque commande « photo » est à sa place, et tombe pile-poil sous le doigt. Un seul petit regret, le testeur de PdC est situé à l’inverse (en bas à gauche vue de dos) de la monture de l’objectif par rapport à l’EOS 3
(sur lequel il est en bas à droite). Il est de surcroît un peu moins accessible car il ne dépasse pas. L’interrupteur est affleurant. Un détail. On s’y habitue assez vite, et le changement de doigt suivant que l’on utilise l’EOS 3 ou le D30 devient vite instinctif.

On note évidement la présence de l’écran LCD (et de 6 boutons supplémentaires) sur le dos, qui ne s’allume pas avant la prise de vue (merci pour les accus). Comme chaque écran de ce type sur tous les APN (compact ou réflex), il est quasiment inutilisable en plein jour. Raison de plus pour en désactiver l’allumage après chaque prise de vue, grâce à une option du menu de paramétrage.

Les 6 touches supplémentaires au dos du boîtier permettent de visualiser, supprimer, naviguer dans les photos déjà prises, d’afficher l’histogramme de la photo, ou d’accéder au menu de paramétrage du boîtier, lequel se pilote avec la roue dorsale et le bouton « set » central.

La baïonnette est en métal, ce qui rassurera la plupart d’entre nous.

Enfin je trouve l’ensemble D30 + grip un peu pataud visuellement, mais il faut bien faire rentrer les deux accus dans le grip. Et avec son grip, il reste accroché dans la main.
Comportement photo

Tout le monde s’accorde pour dire que le D30 ne se base pas sur l’EOS 30 mais plutôt sur l’EOS 50 (trois capteurs AF, vitesse d’AF, et même mesure « non-spot »). Cependant la mesure de la lumière a été remaniée par rapport au 50/50e (35 zones au lieu de 6).

Il dispose d’un flash intégré qui dépanne quand on n’a pas son flash cobra avec soi. L’éclair est cependant vite bloqué par les parasoleils des objectifs un peu massifs (genre 17-35/2.8 L ou 28-70/2.8 L, et même le 28-135IS), de même que l’éclair d’aide à la mise au point (qui d’après mon expérience fait plus mal aux yeux du sujet qu’autre chose). Il vaut mieux l’assistance IR des flashes de la gamme EX ou du ST-E2 dans ce cas.

L’AF n’est pas un foudre de guerre, mais suffit dans la plupart des utilisations. Les photographes de sports resteront quand même un peu sur leur faim. On peut arranger les choses (un tout petit peu) en sélectionnant d’office le capteur AF central. Le capteur AF n’est pas non plus super performant en basse lumière, et l’on appréciera beaucoup l’assistance AF infrarouge du flash 550EX par exemple.

La plage ISO sélectionnable va de 100 ISO à 1600 ISO, mais la plage la plus utilisée sera sans doute 100 à 400 ISO. A 800 ISO le grain est visible, et à 1600, il devient presque gênant. Cela peut cependant sauver une photo ! A noter qu’une CF permet de modifier le comportement du bouton « set » situé au milieu de la roue dorsale, afin de pouvoir avec cette dernière changer la sensibilité du capteur à la volée entre chaque prise de vue. C’est très pratique , car cela évite d’aller dans le menu de paramétrage de l’appareil.

J’ai noté un comportement très étrange avec l’EF 100-400 IS L , lors d’une utilisation en vertical, avec le mode AI-Servo et l’IS engagé : si le point n’est pas fait immédiatement , l’AF patauge lamentablement (même s’il y a assez de lumière), et l’appareil finit par se mettre en « error 83 » ( de mémoire).


Comportement numérique

Le D30 accepte bien sûr tous les objectifs EF, mais par un effet de découpe de l’image dû à la taille du capteur (cropping), la focale de l’objectif monté doit être multipliée par 1.6 : avantage aux gros télé et aux télé-zoom, dommage pour les grands-angles : le 17-35 devient un 28-56, ce qui est moyen. La solution pour le grand angle avec le D30 reste le 14/2.8 EX HSM de Sigma (qui devient l’équivalent d’un 22mm), si l’on est un peu serré au niveau du budget : le Sigma vaut 9KF, le Canon équivalent en vaut 15 ou 16 (soit 1372 € pour le Sigma et 2440 € pour le Canon :-] ).

Le capteur CMOS délivre des images d’une excellente qualité. Même si au départ on peut être déçu du relatif manque de pêche de certaines images, elles fourmillent en fait de détails dans les ombres notamment. Les couleurs en mode AWB (Auto White Balance) sont très justes, et l’appareil est rarement pris en défaut sur ce point.
Rien n’empêche par la suite de retoucher les fichiers générés dans logiciel adéquat pour leur appliquer le tout petit peu d’Unsharp Mask qui va bien, et/ou en décalant la balance de couleurs.

De 100 ISO à 400 ISO, le grain est invisible, à tel point que le site Luminous Landscape indique qu’à 100 ISO , le D30 produit une image « meilleure » suivant leurs critères de tests que la Fuji Provia 100F.

Chaque image générée « pèse » en moyenne 1,2 Mo en JPG haute qualité et 3 Mo en mode RAW (seul ce dernier permet d’extraire un fichier TIFF). Je ne saurai donc trop vous recommander l’achat d’un Microdrive d’IBM afin de stocker entre 95 et 280 photos (pour la version 340 Mo), voire 3 fois plus pour la version 1Go. En effet, la carte de 16 Mo fournie ne peu vu sa capacité servir que de carte de backup !
Fichiers de Test sur la sensibilité de l'EOS D30

La plage ISO sélectionnable va de 100 ISO à 1600 ISO, mais la plage la plus utilisée sera sans doute 100 à 400 ISO. A 800 ISO le grain est visible, et à 1600, il devient presque gênant. Cela peut cependant sauver une photo ! A noter qu’une CF permet de modifier le comportement du bouton « set » situé au milieu de la roue dorsale, afin de pouvoir avec cette dernière changer la sensibilité du capteur à la volée entre chaque prise de vue. C’est très pratique , car cela évite d’aller dans le menu de paramétrage de l’appareil.

On peut sans problèmes imprimer un A4 avec une image JPEG haute définition, et à plus forte raison RAW transformée en TIFF 16 bits (8 bits aussi évidemment). La sortie en A3 est envisageable, mais mieux vaut passer par une logiciel type «Genuine Fractals », qui interpole bien mieux que le bicubique de Photoshop. On retrouve là les limites du capteur 3.3 Mpixels (2160x1440 pixels au final).

100 ISO

100 ISO détail

400 ISO

400 ISO détail

800 ISO

800 ISO détail

1600 ISO

1600 ISO détail
Le reste

Sont fournis évidement le chargeur d’accus, l’accus supplémentaire et le grip dans le pack « pro », mais aussi un câble permettant de visualiser (PAL ou NTSC, au choix) sur un téléviseur les photos déjà prises.

Les pilotes TWAIN et USB sont régulièrement mis à jour sur le site de CANON, mais je ne vous recommande pas de les utiliser en ce qui concerne les images en mode RAW notamment. Les outils fournis sont en effet ignoblement lents et mal conçus.
Comment améliorer l’ordinaire

Je vous recommande pour les images RAW l’utilitaire YARC, qui convertit en batch et en une vingtaine de secondes (sur un PIII/500) un fichier RAW en fichier TIFF (8 ou 16bits par composante, au choix).

Je vous recommande aussi le sympathique petit EXIFVIEWER, qui permet d’avoir d’un seul coup d’œil les caractéristiques EXIF de ses prises de vues.

Pour éviter d’user inutilement les accus du D30 lors du transfert des images, fendez-vous d’un lecteur Memorex de cartes CompactFlash/SmartMedia sur port USB (450FRF TTC chez Darty), qui de surcroît sera plus rapide que la liaison USB du D30.

Conclusion

Pour l’amateur qui en a les moyens, ou pour le professionnel, le D30 est un très bon outil, surtout si l’on est déjà équipé CANON. Il est deux fois moins cher que l’équivalent Nikon et produit des images d’une excellente qualité. Certes les nouveaux boîtiers numériques pro Canon pointent le bout de leur nez, mais la note risque d’être encore plus salée.

Reste à trouver le juste équilibre entre le porte-monnaie, les caractéristiques techniques, et la bonne humeur de Madame….. (ce qui est loin d’être évident).

Cet article ne peut être reproduit sous quelque forme que se soit,
sans l'autorisation, de son auteur
Publié en Septembre 2001